Le client est roi. Vraiment?

Le client est roi. Vraiment?

Le 6 février dernier, environ 10000 spectateurs ont quitté le stade Anfield Road de Liverpool à la 77e minute du match de football opposant le Liverpool FC à Sunderland AFC. Ce déploiement collectif surnommé « Walk out on 77 » est un mouvement de protestation contre la hausse du prix des billets dans la tribune populaire. En effet, les places concernées passeront de 59 livres cette saison à 77 livres (146$) la saison prochaine. Les supporteurs ne l’entendaient pas de cette oreille et ont manifesté leur mécontentement en prônant l’accès au stade à toute la frange de la population. Pour ces partisans, il n’y a pas de football sans spectateurs. Au final, la direction du club de Liverpool présente ses excuses aux fans 4 jours plus tard et annonce le gel des prix des billets pour les 2 saisons à venir.

Liverpool n’est pas un cas unique, au contraire. L’augmentation des prix d’entrée pour un match de football touche toute l’Europe et la grogne des supporteurs gagne autant l’Allemagne, l’Espagne que la France. Avec l’arrivée d’un nouveau propriétaire qatari par exemple, le club du Paris Saint-Germain a entamé un changement de statut impliquant l’augmentation régulière des prix des places pour assister aux matchs. En résulte une exclusion de la classe moyenne et la transformation des tribunes en une parade de célébrités internationaux et de spectateurs très huppés.

Mission accomplie. Contrairement à ce que les supporteurs pensent (ou veulent se convaincre) à savoir que les clubs appartiennent aux supporteurs, les clubs de foot ont accès depuis un moment à un marché international. De plus, ce sport bénéficie plus que jamais d’une popularité inimaginable dans les autres sports. Pour preuve, les matchs se jouent chaque week-end à guichets fermés. Du moins ceux des grands clubs. Et les listes d’attente pour les abonnements de saison sont interminables. Toutes les conditions sont réunies pour que les tarifs continuent à augmenter.
C’est triste pour les uns mais c’est ainsi, d’autres ont de plus en plus de moyens et seront toujours prêts à débourser la somme nécessaire pour assister au spectacle. Il n’y a aucune raison pour qu’un club diminue le prix d’une place tout comme il n’y a pas de raison qu’Apple baisse le prix d’un iPhone. L’offre, la demande, tout ça.

La pilule ne passe plus à la FIBD 2016

La pilule ne passe plus à la FIBD 2016

Du 28 au 31 janvier dernier s’est tenu le festival international de la bande dessinée d’Angoulême. 43e édition qui a été entachée, entre autres, d’une controverse autour de la liste des présélectionnés pour le Grand Prix 2016, communiquée le 6 janvier. Celle-ci a été, dans un premier temps, composée de 30 auteurs uniquement masculins. Le public, emmené par une communauté de bédéistes amateurs et confirmés, n’a pas manqué de s’indigner de cette sélection qu’il juge volontairement discriminatoire. Les commentaires scandalisés affluent sous le hashtag #WomenDoBD et invitent au boycott de l’événement. Les organisateurs cèdent le jour suivant et annoncent la suppression de la liste des présélectionnés et optent pour un vote ouvert.

Les votants, composés de la communauté des auteurs professionnels,  décernera en fin de compte le trophée à l’illustre dessinateur belge, Hermann. Claire Wendling, l’auteure féminine ayant reçue le plus de votes termine à la 3e place.

Au-delà de la polémique sur le sexisme (avéré ou non), il est désolant de constater l’immense importance accordée aux honneurs du genre. À les entendre, la valeur qui prime chez les illustrateurs et chez les artistes en général est la passion. Pourtant, les attentes suscitées par les Goncourt, Ballon d’or, Oscar et autres distinctions individuelles témoignent du besoin de reconnaissance qui anime plus que jamais les artistes, et plus généralement qui nous obsède tous.